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Télécommunications : 48 heures de conclave pour les régulateurs ouest-africains

LEFASO.NET | Par Herman Frédéric Bassolé

jeudi 25 avril 2019

Ouagadougou abrite, les 25 et 26 avril 2019, la 16e Assemblée générale annuelle de la conférence des régulateurs des télécommunications d’Afrique de l’Ouest (ARTAO). Au cours de cette rencontre qui regroupe les 15 pays membres de la CEDEAO, les participants vont plancher entre autres sur le projet de budget 2019 de l’ARTAO et le protocole d’accord entre l’ARTAO et les membres sur le financement de projets spécifiques. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre du Développement de l’économie numérique et des Postes, Hadja Ouattara/Sanon, représentant le chef du gouvernement.


Après Dakar, au Sénégal, les régulateurs des télécommunications de l’espace CEDEAO se donnent rendez-vous à Ouagadougou, la capitale burkinabè, pour statuer sur la vie de la maison commune, l’ARTAO. Revue des réalisations de 2018, examen du projet de plan d’actions, du projet de budget pour 2019 et du protocole d’accord entre l’ARTAO et les membres sur le financement de projets spécifiques vont constituer, durant deux jours, le plat de résistance de cette rencontre ouverte ce jeudi matin, en présence du ministre en charge de l’économie numérique, représentant le Premier ministre Christophe Dabiré.

Après le mot de bienvenue du président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), Tontama Charles Millogo, la présidente en exercice de l’Assemblée des régulateurs de télécommunications de l’Afrique de l’Ouest (ARTAO), Seynabou Seck Cissé, a laissé entendre que cette 16e AG témoigne de la vivacité et de l’engagement des acteurs à promouvoir le développement de la structure. Une structure qui, en dépit des actions menées, « n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière »

Un potentiel de croissance

Pour illustrer les enjeux qui attendent l’ARTAO, Seynabou Seck Cissé a livré quelques chiffres d’un rapport publié par GSMA Intelligence sur l’économie mobile dans la zone CEDEAO, en 2017. Il ressort de ce rapport que l’Afrique de l’Ouest compte 176 millions d’abonnés uniques, un taux global de pénétration des abonnés de l’ordre de 47%. La contribution de la téléphonie mobile à l’économie de l’Afrique de l’Ouest est estimée à 37 milliards de dollars, soit 6,5% du PIB de la région. Quant aux abonnés aux services financiers mobiles, ils sont estimés à 104 millions. « Ces chiffres illustrent à suffisance que le potentiel de croissance est encore là », a relevé la présidente de l’ARTAO.

Les défis

Et pour améliorer l’attractivité de la sous-région et contribuer à faire du système de télécommunication un secteur florissant, Seynabou Seck Cissé a énuméré quelques défis qui attendent les acteurs. Il s’agit entre autres de la mise en place de la politique fiscale règlementaire, la consolidation de l’exploitation des réseaux 4G, la protection des intérêts des consommateurs, la gestion des données personnelles, la sécurité et l’intégrité des réseaux, la prise en charge de la problématique de l’internet des objets, etc.

Dans son allocution lue par le ministre en charge de l’économie numérique, le Premier ministre Christophe Dabiré a rappelé que le gouvernement, au regard de l’offre insuffisante, irrégulière et coûteuse en matière de TIC, a pris le taureau par les cornes afin de permettre aux TIC de « jouer le rôle de locomotive dans le processus de transformation structurelle de l’économie ». Il en veut pour preuve la création d’un ministère dédié au numérique et les grands projets mis en œuvre, et l’adoption d’une stratégie nationale de développement de l’économie numérique.

En rappel, l’ARTAO vise à promouvoir le partage d’expériences, à renforcer les capacités et à disposer d’outils de régulation efficaces pour le développement des télécommunications en Afrique.

Herman Frédéric Bassolé
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